LA FIN DU POISSON ANNONCÉE POUR 2035

Soumis à un rythme frénétique de prélèvements, les poissons doivent aussi faire face à une pollution croissante des océans et au changement climatique : 3% des stocks mondiaux sont épuisés, 28% sont surexploités, et donc menacés d’extinction si aucune mesure restrictive n’est adoptée, 50% des réserves halieutiques sont pleinement exploitées, les captures actuelles seraient par conséquent proches du niveau de production maximale, sans aucune marge d’expansion possible. Les prévisions les plus pessimistes promettent la fin du poisson pour… 2035, c’est à dire demain. Sur le banc des accusés : la pêche industrielle, allègrement subventionnée en Europe (en Méditerranée, la pêche artisanale, qui représente 84% de la flotte n’a droit qu’à 10% des quotas)et peu créatrice d’emplois. Selon la Cour des comptes européenne, des pressions sont exercées sur le Conseil européen pour fixer des totaux admissibles de capture supérieurs à ceux que recommandent les scientifiques. Face à cette menace, des artisans pêcheurs ont décidé de s’allier avec l’organisation écologiste Greenpeace, et tentent de faire reconnaître leur métier. Toujours présents à bord, les « petits » patrons pêcheurs maîtrisent en effet plusieurs techniques de capture, ils s’adaptent aux saisons et aux stocks disponibles, ne ciblant que les espèces qu’ils souhaitent attraper. Certains d’entre eux ont même mis en place une période d’un mois « chômée » pour laisser au poisson le temps de se reproduire… Des pratiques qui, si elles étaient généralisées, permettraient de manger du poisson encore longtemps.

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