ECONOMIE SOCIALE ET TERRITOIRE

Les constats de cette étude convergent : les acteurs de l’ESS renforcent l’attractivité des territoires. En effet, l’entrepreneuriat collectif permet de faire accéder un plus grand nombre à la création d’activités que l’entrepreneuriat individuel (mutualisation des risques, expérimentation), quand le travail bénévole permet au salariat de se professionnaliser et de garder le contact avec la population pour adapter les services et accompagner les personnes. L’ESS active donc des ressources latentes pour offrir davantage de services relationnels, créatifs et financiers, créer des emplois et renforcer la cohésion sociale sur les territoires. Le risque est alors pour elle d’être considérée comme de simple instrument de l’attractivité, de ne pas être associée comme partenaire au projet de territoire. Les représentations de l’ESS sont de fait pour les auteurs encore trop liées à une image « ressource » : innovation sociale (fonction de laboratoire), prise en charge de populations marginalisées (fonction palliative), insertion par l’activité économique, l’alimentation, le logement (fonction intégratrice), production de services spécifiques (fonction gestionnaire), ou relocalisation des activités économiques (résistance à la mondialisation). Et le plus souvent, ces représentations restent traversées par l’opposition entre activités marchandes et non marchandes alors que la plupart des entreprises conjuguent les deux dimensions, uniquement déterminées par leurs modes de financement. Cette étude présente ensuite un grand nombre d’outils et initiatives pour aller plus loin sur la question du lien entre ESS et territoire, comme les SCIC, la démarche « progrès » de l’APES, les pôles territoriaux de coopération économique ou les processus d’auto-évaluation et d’amélioration de leur utilité sociale par des entreprises sociales et par des pouvoirs publics.

Lire l’étude (75 pages)