L’UE TENTÉE PAR LA RÉDUCTION DES RÉGLEMENTATIONS

Tout récemment, Bruxelles s’est penchée sur les toilettes et urinoirs des Européens et plus précisément sur la quantité d’eau optimale pour les nettoyer, déclenchant l’ire des médias britanniques. Les analyses de Bruxelles peuvent parfois paraître risibles, mais le commissaire européen à l’Environnement a mis en garde contre les rires trop hâtifs, en arguant que si seulement 10 % des ménages européens adoptaient des toilettes écologiques, les économies réalisées seraient de l’ordre de 390 millions d’euros. Depuis le début des années 1990, l’UE prône l’introduction de labels de qualité environnementale pour de nombreux produits, et notamment des appareils électroménagers, appelés à consommer moins d’énergie. Cette démarche est généralement accueillie favorablement par les Européens. Les chasses d’eau n’ont pas eu autant de chance, car elles se sont heurtées au retour en force de l’euroscepticisme. Et ce alors même que, depuis plus d’un mois, la Commission européenne passe en revue la législation européenne afin de procéder à son “allègement”, en supprimant des projets jugés superflus ou n’ayant pas de chance d’être approuvés et en simplifiant certaines réglementations. Un allègement devenu la priorité du gouvernement Cemaron, qui cherche à former une coalition, initiée lors du dernier sommet européen. L’affaire n’est pas négligeable et ses enjeux dépassent largement la question des toilettes. Parmi les 30 recommandations du patronat britannique, reprises à son compte par le gouvernement, figure notamment le refus de la nouvelle réglementation de l’UE sur l’extraction du gaz de schiste. La Pologne la voit d’un mauvais œil, craignant que les exigences environnementales et bureaucratiques réduisent la rentabilité de l’industrie du gaz de schiste. Bruxelles écouterait-elle les adeptes du “régime minceur” ? La Commission européenne reste très divisée sur le sujet.

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