ECHANGE NOURRITURE CONTRE TRAVAIL

Au Portugal, dans les petites annonces publiées sur Internet, on voit de plus en plus de gens désespérés demander du travail en échange de nourriture : avec la crise, les cas de semi-esclavage augmentent. S’il n’y a pas de données précises sur le nombre de Portugais prêts à travailler sans être payés en retour, la dernière enquête de l’organisme de statistiques évoque le chiffre de 32 000 travailleurs non rémunérés pour le premier trimestre 2012. Un nombre qui correspond uniquement à ceux qui travaillent de manière informelle pour un membre de la famille ; tous les autres cas échappent aux statistiques, et sont a fortiori illégaux. Selon les derniers chiffres de la Sécurité sociale, près de 300 000 demandeurs d’emploi n’ont pas d’allocations de chômage, et de nombreux employeurs profitent de cette énorme fragilité pour les exploiter. Parmi les gens qui demandent de la nourriture en échange de travail, on ne trouve pas que des chômeurs, mais aussi des personnes qui n’arrivent pas à vivre de leur salaire, qui doivent choisir entre carte de transport et yaourts, ou entre cahier pour les enfants et pain, et qui préfèrent travailler plus plutôt que recourir aux cantines sociales.

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