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LES ESPACES VERTS ET JARDINS BIENTÔT SANS PESTICIDES

Première utilisatrice de pesticides au niveau européen, troisième à l’échelle mondiale, la France détient un triste palmarès. Aujourd’hui, l’agriculture représente 90 % de l’utilisation des pesticides. Les 5 à 10 % restants sont utilisés par les collectivités territoriales qui épandent des herbicides sur leurs espaces verts et par les particuliers pour leurs jardins. Ces usages non agricoles des pesticides représentent environ 10 000 tonnes chaque année, avec des impacts sur l’eau loin d’être négligeables. Or un texte nouvellement adopté prévoit l’interdiction, en 2020, de l’utilisation des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles au public. Ce qui aujourd’hui paraît largement possible, puisque 10 % des 36 000 communes françaises approchent le zéro phyto, un chiffre montant même à 60 % pour les communes de plus de 50 000 habitants. La vente de pesticides « pour un usage non professionnel » – c’est à dire dans les jardineries et grandes surfaces – à destination des particuliers, sera également interdite à partir de 2022. Un pas a déjà été franchi dans les rayons des magasins Leclerc en Bretagne qui pourra peut-être faire tâche d’huile. De quoi présumer une dynamique plus importante que celle suite au Grenelle de l’environnement, dont le plan national Ecophyto (qui prévoyait de réduire de 50 % les pesticides entre 2008 et 2018) a été abandonné (on a assisté à une augmentation de 2,7 % entre 2008 et 2011).

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LES ROBINS DES BOIS DE LA MÉDECINE GRECQUE

En Grèce, rares sont les domaines dans lesquels le changement a été aussi brutal que dans la santé : les Grecs en fin de droits de chômage doivent désormais assumer eux-mêmes leurs dépenses de santé, et la moitié des 1,2 million de chômeurs de longue durée n’en sont pas capables. Par conséquent, quand une personne sans assurance se fait diagnostiquer un cancer, le système l’ignore, elle n’a accès ni à la chimiothérapie ni à la chirurgie, ni ne serait-ce qu’aux médicaments. Face à la dégradation du système public, qui contraint même certains patients à apporter eux-mêmes pour leurs soins seringues, stents et autres fournitures, des médecins ont décidé de prendre les choses en main. Ils ont créé un réseau informel pour venir en aide aux non-assurés atteints de cancer ou d’autres maladies : hors du cadre officiel, ce réseau fonctionne grâce à des dons d’excédents de médicaments venant de pharmacies, de laboratoires ou même de proches de cancéreux ayant succombé à la maladie. Et permettent, outre les soins vitaux, de faire renaître l’optimisme chez ceux qui avaient presque renoncé, en amenant les preuves d’un peuple qui tient debout, grâce à la solidarité…

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LE SYSTÈME ALIMENTAIRE DE TORONTO PIONNIER DE LA DURABILITÉ

Depuis une vingtaine d’années, la ville de Toronto s’est associée à un conseil de citoyens pour réfléchir à un système alimentaire urbain durable. Ce conseil de citoyens, qui rassemble techniciens, chercheurs, associatifs, agriculteurs, industriels, a fait le constat d’un système agro-industriel pernicieux, à cause de sa dépendance énergétique d’abord (l’approvisionnement de la ville repose sur des aliments qui parcourent en moyenne 4500 kilomètres). A cause des problèmes sanitaires exponentiels ensuite : ce système produit trop de calories, mais des aliments trop pauvres en nutriments. Autre paradoxe, les agriculteurs de la ceinture verte autour de la ville, malgré des bonnes terres et un marché urbain gigantesque, vivent avec à peine 8 000 dollars canadiens par an. Chaque mois, le Toronto Food Policy Council se réunit donc pour inventer des solutions locales à ces nombreuses contradictions. Par exemple, il a développé des jardins communautaires dans des espaces publics, et la municipalité a ensuite pris le relais en inventoriant les espaces disponibles. La ville a également lancé une cartographie des déserts alimentaires, ces quartiers qui n’ont pas de commerces de détail suffisants et qui incarnent une double peine pour leurs habitants (des produits trop chers et trop éloignés), et propose pour y remédier des camions de primeurs mobiles. Une association s’est même spécialisée dans l’offre d’approvisionnement local et fait se rencontrer fournisseurs locaux et collectivités et entreprises. Dans un contexte budgétaire morose, cette implication d’organisations publiques et privées à tous les niveaux du système alimentaire s’avère d’autant plus efficace, et permet aussi de suivre les évolutions à l’œuvre dans la ville : des agriculteurs locaux peuvent ainsi réorienter leur production pour l’adapter au plus près de la demande, notamment des nouveaux arrivants (choux chinois, coriandre…). Cette réorganisation du système alimentaire présente un véritable enjeu pour l’économie locale, puisque des initiatives publiques et associatives supportent diverses entreprises artisanales qui produisent, distribuent et vendent de la nourriture pour récupérer une plus grande part des 7 milliards dépensés pour l’alimentation dans la ville chaque année. Si aujourd’hui, le système agro-alimentaire de Toronto reste dominé par les grandes compagnies, le ton est optimiste sur la progression de la souveraineté alimentaire de la ville grâce à ce réseau touffu d’organisations.

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VERS UNE MONDIALISATION DE LA PROTECTION SOCIALE ?

Alors que quatre personnes sur cinq n’ont toujours pas accès à la protection sociale dans le monde, la crise économique a rappelé la nécessité de protéger tous les individus et en particulier les plus vulnérables d’entre eux. Sous l’impulsion de la présidence française, le G20 de Cannes en 2011 a reconnu l’importance d’offrir une sécurité sociale pour tous. Dans ce contexte, le concept de socle de protection sociale et l’initiative mondiale lancée en 2009 par les Nations unies ont gagné une reconnaissance sans précédent. En juin dernier, les représentants des États membres del’OIT ont pris une recommandation relative à la notion de « socle de protection sociale », qui prescrit que tout État doit se doter d’une couverture santé universelle et d’un filet de sécurité pour les plus pauvres, donnant une nouvelle visibilité à cette question centrale. A cette occasion, le CAS publie deux notes d’analyse qui traitent de la protection sociale, du droit du travail et de la protection des travailleurs dans les pays émergents. Il observe ainsi que l’extension de la couverture des droits sociaux a connu un rythme impressionnant ces dernières années dans la plupart de ces pays, aussi bien en raison d’éléments conjoncturels que structurels :en effet, les systèmes de protection sociale constituent des outils contra-cycliques qui permettent de lutter efficacement contre les effets de la crise sur le marché du travail, et les politiques publiques volontaristes ciblées résultent notamment des partenaires sociaux et de la société civile, qui font preuve d’une capacité croissante à se mobiliser à cette fin. Selon le CAS, la multiplication des  initiatives de coopération et d’actions complémentaires entre les acteurs nationaux et internationaux sur la période récente, qu’ils soient publics ou privés, est un vecteur majeur de renforcement des droits des travailleurs et de la protection sociale dans les pays émergents.

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SANTÉ EN MILIEU RURAL : RÉALITÉS ET CONTROVERSES

Le Groupe de recherche pour l’éducation et la prospective (Grep) a donné la parole à des médecins, des élus, mais surtout des acteurs de terrain et des chercheurs pour dresser un tableau des enjeux de santé en milieu rural. Ce dossier invite à ne pas se focaliser sur la notion de distance ou de temps de trajet pour se rendre à l’hôpital ou chez le médecin, mais à considérer l’état de santé de la population (proportion de personnes âgées et d’enfants, plus vulnérables), sa mobilité et sa situation sociale. Ainsi, pour l’association Médecins du Monde, l’enjeu majeur de la santé en milieu rural n’est pas celui du désert médical mais celui de l’accès aux soins de populations précaires. Il présente aussi des arguments pour ou contre les mesures d’incitation à l’installation de jeunes médecins à la campagne. Si les contrats (incitatifs) d’engagement de service public semble faire leurs preuves en Bourgogne, la régulation (coercitive) de l’offre de soins infirmiers aussi. Et quand certains fustigent de simples effets d’aubaine, d’autres dénoncent la complexité de dispositifs mal connus des principaux concernés. Plus largement, ce dossier invite à adopter une démarche qualitative, pour évaluer correctement les besoins mais surtout apporter une réponse adaptée. En effet les élus, professionnels de santé et autres acteurs de terrain s’accordent tous pour souligner l’importance et l’intérêt de toutes les initiatives de coordination entre acteurs sanitaires et sociaux (maisons de santé, des rencontres régulières, des dispositifs de transmission d’information…), et le poids de facteurs non économiques dans le choix d’installation des médecins, notamment l’attractivité du cadre de vie et la présence de services, la possibilité de travailler en relation avec d’autres professionnels, le poids des tâches administratives et de gestion dans l’activité…

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QUAND LES POUVOIRS PUBLICS REGARDENT DU CÔTÉ DES MÉDECINES NON CONVENTIONNELLES

Confrontés aux effets secondaires des traitements, au manque de temps des soignants ou à l’absence de remèdes efficaces aux maux du quotidien, les usagers des systèmes de santé des pays développés se tournent de façon croissante vers les médecines non conventionnelles (comme la médecine traditionnelle chinoise ou l’homéopathie), pourtant peu reconnues par la science ou la communauté médicale. Cet engouement est mal connu en France, bien que l’essor du marché des plantes médicinales et la demande de soins non conventionnels dans les pays voisins laissent à penser que le nombre de Français ayant recours à ces pratiques est considérable. Certains s’en inquiètent, estimant les méthodes non conventionnelles inefficaces ou même dangereuses. D’autres soutiennent au contraire que ces médecines pourraient être utiles dans le champ de la prévention, des maladies chroniques et de la douleur, voire en cas d’échec de la médecine conventionnelle. Ces thérapies pourraient aussi contribuer à une baisse de la consommation médicamenteuse et à une approche plus globale de la santé et du parcours de vie. Face aux risques et aux potentiels associés à l’augmentation conjointe de l’offre et de la demande en médecines non conventionnelles, une action des pouvoirs publics semble nécessaire au Conseil d’analyse stratégique, notamment pour organiser l’intégration de ces médecines au système de santé.

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ALLEMANDS ET DÉPENDANTS, PAPY ET MAMY VIVENT DÉSORMAIS EN SLOVAQUIE

Le « dernier voyage » conduit de plus en plus d’Allemands vers une maison de soins située à l’étranger. Dans des pays comme la Slovaquie, la République tchèque ou la Hongrie, mais aussi l’Espagne ou la Thaïlande, le nombre de structures spécialisées dans la prise en charge de clients d’Europe de l’Ouest est en augmentation, et il arrive même qu’elles soient administrées par des Allemands. En Allemagne les retraites stagnent, le nombre de personnes dépendantes grimpe en flèche parmi les bénéficiaires de l’aide sociale, et l’Etat peut mettre les enfants à contribution et leur faire supporter une partie du coût de prise en charge. Résultat : les enfants se tournent souvent vers l’Europe de l’Est, plus abordable. Pour les auteurs, la sécurité sociale allemande gagnerait à signer des contrats avec des structures étrangères car qui dit salaire moindre dit charges moindres pour des actifs dont le nombre va en s’amenuisant : à l’horizon 2050, un Allemand sur 15 devrait se retrouver en situation de dépendance, selon les prévisions.

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LE CARE POUR RENOUVELER L’APPROCHE DE LA SOLIDARITÉ

Le « care » est une notion dérangeante. Introduite en 1982 par la féministe Carol Gilligan, elle alimente de multiples réflexions en éthique, en sciences sociales, dans les études infirmières et médicales, le monde de la dépendance et du vieillissement, mais aussi des controverses qui sont l’indice d’une société française à la recherche de nouvelles voies face aux enjeux de solidarité. Ce concept renouvelle nos approches des relations à autrui, de la vulnérabilité, du couple interdépendance-autonomie individuelle, de la justice, du travail, de l’égalité femmes-hommes…, tout en nous poussant à revoir des fonctionnements. Pascale Molinier, psychologue spécialiste du care, éclaire ce concept et en indique la portée.

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AU MENU DEMAIN

Pour nourrir la planète au moindre coût, l’industrie agroalimentaire multiplie les expérimentations. Sont déjà présents sur le marché des fromages de synthèse, composés non pas de lait mais de trois amidons, un galactomannane (E410, 412, 417), un carraghénane (E407) et des arômes, de même que la glu de porc (ou bœuf maigre à texture fine, comprenant les tendons, graisses et tissus conjonctifs traités à l’ammoniaque). Les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés pour moins polluer, comme les saumons « Frankenfish », qui grandissent deux fois plus vite, attendent quant à eux leur autorisation de mise sur le marché. Des chèvres dont le lait fabrique de la soie, des porcs avec un gène de souris et bien d’autres animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce sont encore à l’étude, et on attend à moyen terme les hamburgers in vitro : pour le moment, les morceaux de viande produits in vitro, fabriqués avec des cellules souches de porc et du sérum de fœtus de cheval, mesurent 2,5 cm de long et apparaissent gris et ramollis, mais la recherche est lancée…

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