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RESSOURCES NATURELLES : UNE QUESTION DE SURVIE ET D’IDENTITÉ

Frappés par de graves inégalités et discriminations, menacés par les extractions de l’industrie pétrolière et minière, ignorés du gouvernement, les peuples autochtones, métis et inuits du Canada sonnent la révolte sociale et écologique. Mené par des femmes, leur mouvement multiforme, Idle No More, s’étend des lointaines plaines glacées aux métropoles, en passant par les réseaux sociaux. Sa priorité est de lutter contre les lois anti-environnementales du gouvernement qui, sous la pression de l’industrie des oléoducs, a réduit comme peau de chagrin la protection des milliers de lacs et rivières du pays, limité les processus d’évaluation environnementale préalables à l’exploitation de ressources naturelles, et diminué la possibilité pour les Premières nations d’être consultées sur ces questions. Les réserves indiennes, souvent situées dans de vastes espaces naturels au nord du pays, sont particulièrement menacées par ces nouvelles règles du jeu, comme en Alberta, où sont exploités les sables bitumineux, où elles font venir de l’eau en bouteilles alors qu’elles vivent au bord des fleuves. Au menu des revendications : la révocation de la nouvelle loi qui laisse le champ libre à l’exploitation des ressources naturelles, l’adoption d’un système électoral à la proportionnelle au niveau fédéral, la mise en œuvre au niveau canadien de la déclaration onusienne des droits des peuples autochtones, une enquête nationale sur les meurtres et disparitions des femmes autochtones, mais aussi l’intégration de la dette environnementale qu’accumule le gouvernement et les compagnies pétrolières et minières auprès des Premières nations pour faire baisser la bonne note du Canada attribuée par des agences de notation sur les marchés financiers. C’est également une forme de thérapie collective, charriant une fierté identitaire qui relève de la survie. Les marcheurs du mouvement, dont certains étaient dépressifs et toxicomanes, comme de nombreux jeunes Autochtones, ont dit combien la marche, inspirée par les longs trajets à pied que leurs ancêtres accomplissaient pour commercer, avait eu un rôle thérapeutique et identitaire.

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ENTREPRENARIAT ET CARRIÈRE AU FÉMININ

Cette étude du CAS montre qu’il existe un « facteur femme », qui résiste à la prise en considération des éléments socio-démographiques et contextuels et qui est le fruit d’une intériorisation des freins à l’entrepreneuriat. Parmi ces freins, des différences de comportement face au risque, la moindre volonté de s’enrichir et une discrimination dans l’accès au financement (due à l’ambition moindre des projets, la réputation -fausse – de plus faible pérennité des entreprises crées par des femmes) sont ciblés. Pour aller plus loin sur ce thème, une autre étude sur les déterminants de l’avancement de carrière des cadres féminins conclue quant à elle que, si certaines brisent le plafond de verre et que d’autres le contournent, toutes l’ont intériorisé. Si les déterminants de l’accès des femmes aux plus hauts postes dans les entreprises sont connus (parcours scolaire, appropriation des normes organisationnelles, soutiens personnels et professionnels, disponibilité totale), la façon dont les femmes les mobilisent dessine un paysage de stratégies différentes. Les plus traditionnelles sont conformes aux normes sociales et organisationnelles, d’autres plus novatrices peuvent être porteuses de changements dans l’entreprise et la société, sans pour autant remettre directement en cause le fonctionnement organisationnel des entreprises au sein desquelles elles exercent leurs fonctions. Les pistes pour une politique publique visant à accroître le nombre de créateurs femmes, qui résultent de ces études, sont :

  • un travail sur les représentations, par la mise en avant d’exemples d’entrepreneures à même de stimuler un public pouvant s’identifier, en ciblant peut-être spécifiquement les étudiant(e)s de filières scientifiques

  • la priorisation de certaines actions de formation dont bénéficieraient principalement les femmes (par ailleurs plus promptes à accepter de se faire accompagne) en profilant les personnes en cours de création sur la base d’indicateurs comme l’âge, le statut en emploi, le type de projet…

Lire le document sur l’entreprenariat féminin, lire l’étude sur le plafond de verre

QUAND L’AGROÉCOLOGIE ENRICHIT LES FEMMES DES QUARTIERS POPULAIRES

Dans une banlieue populaire au nord de Rio de Janeiro, une coopérative a bouleversé la vie des habitantes. Les terres appartiennent à une filiale d’une compagnie pétrolière publique brésilienne. L’un de ses pipelines longent le quartier populaire, à un mètre de profondeur. L’entreprise a accepté que ses terres soient cultivées : dans cette zone délaissée par les services de l’État, où se côtoient violence et narcotrafic, la compagnie attend des riverains qu’ils maintiennent les zones des oléoducs propres et empêchent toute construction d’habitations sauvages. À raison d’une parcelle en friche de 1 000 m2 par foyer, une vingtaine de lots ont ainsi été attribués à des familles volontaires. Rotation des cultures, diversité biologique, compost, économies d’eau, banque de semences, refus des engrais chimiques et des OGM sont autant de pratiques désormais partagées. En évitant la spécialisation et la monoculture intensive, les familles s’assurent une diversité de revenus, indépendants des variations du marché sur tel ou tel produit. La ventes de produits (70 % de la production) se fait collectivement, comme la réunion de planification qui permet d’ajuster la production à la demande (des contrats ont été passés avec des marchés locaux mais aussi avec la municipalité pour les cantines scolaires). Avec l’argent gagné, certaines ont pu construire leur maison, d’autres peuvent épargner pour les études des enfants. La grande fierté de la coopérative, c’est d’avoir contribué à l’amélioration de la vie du quartier : la municipalité a goudronné les routes, crée un réseau d’assainissement et a édifié une crèche pour les enfants, et les habitants ont une image complètement différente de leur quartier. Le regard des femmes sur leur propre vie a aussi changé, puisque, après avoir reconquis leur autonomie, chacune d’elles affiche une grande détermination et une estime retrouvée. La question de la relève reste tout de même posée, les jeunes ayant la capacité et l’envie de travailler la terre en zone urbaine n’étant pas faciles à trouver…

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CES FEMMES INDIENNES QUI RELÈVENT LA TÊTE FACE AUX VIOLENCES MACHISTES

Défier les maris violents jusqu’à les battre. Telle est la stratégie élaborée par des groupes de femmes du sud de l’Inde, pour lutter contre les violences domestiques dont elles sont victimes au quotidien. Unies dans l’adversité, ces femmes courageuses ont rompu la loi du silence pour porter au-delà des murs les souffrances qui les accablent. A Lingarajapuram par exemple, un quartier populaire de Bangalore, en plus d’interventions ponctuelles destinées à secourir les femmes maltraitées du quartier, une dizaine d’Indiennes se rassemblent chaque semaine pour discuter des affaires courantes, faire part de leurs problèmes et définir des plans d’action pour y faire face, et globalement sensibiliser aux droits des femmes. Ces comités, qui regroupent de plus en plus de femmes et essaiment dans divers quartiers populaires et villages, permettent notamment que la police collabore lorsqu’une plainte est déposée, ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de plaintes isolées.

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