énergie

L’ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE SYSTÉMATISÉE DANS LE CANTON DE GENÈVE

Depuis dix ans, Genève travaille à améliorer la durabilité de ses activités économiques grâce à l’écologie industrielle, et a même inscrit ce principe dans sa constitution en 2012. Avec des gravières locales épuisées d’ici 15 ans et un manque de place pour les déchets de démolition, le recyclage dans le BTP est une priorité. L’administration publique s’est alors attelée à changer les comportements des grands groupes du bâtiment : le projet Ecomat accompagne les industriels pour qu’ils recyclent et réutilisent les graves, et l’État réclame des matériaux recyclés dans les marchés publics, ce qui devrait permettre de doubler les disponibilités locales de gravier. Sur l’énergie, une loi vise, quartier par quartier, à évaluer les besoins et à utiliser les ressources énergétiques disponibles sur place. Parmi d’autres, l’entreprise Rolex devrait ainsi bientôt brancher son système de refroidissement sur un réseau de chaleur pour alimenter un quartier d’habitation. Pour le gouvernement, l’enjeu est de pousser – sur une base volontaire – les collaborations entre entreprises pour limiter leur impact sur l’environnement : mutualiser l’approvisionnement, investir collectivement dans le traitement des déchets mais aussi la coopération sur les services.

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LA CHINE EXPÉRIMENTE LE MARCHÉ CARBONE

Alors que le prix de la tonne de CO2 a atteint des niveaux historiquement bas sur le marché européen , la Chine a lancé en juin son premier marché carbone dans la ville de Shenzhen. Ce “marché pilote” concerne pour l’instant 635 entreprises ayant émis 31,7 millions de tonnes de CO2 en 2010, soit 38 % des émissions totales de la ville. Quatre autres mégapoles (Pékin, Shanghai, Tianjin, Chongqing) et deux provinces (Guangdong et Hubei) devraient suivre. Ces marchés fonctionneront selon un modèle relativement similaire au système européen, sauf qu’ils couvriront en plus les émissions de CO2 indirectes liées à la consommation d’électricité, et que chacun des marchés pilotes aura ses propres spécificités. Dans une deuxième phase, ces sept projets devraient être inclus dans un marché national.La mise en place de marchés carbone reflète l’orientation prise par le gouvernement chinois : un plus grand recours aux mécanismes de marché. Or, de nombreuses questions demeurent quant aux chances de succès de l’expérience : la précipitation dans laquelle ils ont été mis en place, le manque d’expérience de la Chine dans le maniement des mécanismes de marché ( il est probable que peu d’échanges de quotas aient lieu, ce qui limiterait l’efficacité du système), le manque de précision de la comptabilisation des émissions. Et, malgré un Etat fort qui rend impossible le gel des quotas de CO2 sur le marché européen (du aux difficiles tractations), la corruption généralisée reste un frein majeur…

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LES COOPÉRATIVES MOTEURS DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Fait unique en Europe, l’année 2012 a vu le nombre de coopératives énergétiques doubler en Allemagne, qui amorce ainsi sa sortie du nucléaire. Dans cette ville aux alentours de Franckfurt par exemple, c’est dans son domaine forestier que le parc à éoliennes est sur le point de voir le jour, chacune devant fournir 6,5 millions de kw/h par an. C’est une coopérative énergétique régionale, jusqu’alors concentrée sur la photovoltaïque, qui s’en charge. Elle y voitun intérêt financier, cet investissement lui assurant grâce à la loi EEG une grande stabilité financière, et leur permet d’autre part de s’assurer que la production et la consommation d’énergie restent dans sa région. Cette coopérative fait partie d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. La Fédération allemande des coopératives comptabilise 800 coopératives énergétiques sur les 7 500 que compte le pays, un chiffre en hausse de 50% en 2012. Quelques 130 000 membres ont déjà investi 1,2 milliards d’euros dans des installations produisant annuellement 580 millions de kw/h d’énergie verte. Et ils financent les installations à 50% avec leurs fonds propres : les particuliers (dont les agriculteurs) détiennent 46% des installations produisant de l’énergie issue des nouvelles énergies, contre…5% seulement pour les quatre oligopoles réunies. La structure, le mode de fonctionnement démocratique, et le succès économique des coopératives expliquent leur boom actuel. Et elles sont absolument essentielles au bon développement des énergies renouvelables dans le pays parce qu’elles en augmentent l’acceptabilité auprès des citoyens : la construction de parcs à éoliennes ne fait en effet pas l’unanimité chez les habitants, mais, dès lors qu’ils peuvent participer financièrement à un projet régional et qu’ils en retirent des bénéfices, ces projets deviennent attractifs et ne sont plus la cause de contentieux…Et s’il a fallu couper des arbres pour planter les éoliennes, la gestion forestière y gagne aussi, puisque les revenus générés par le parc à éoliennes permettront enfin d’assurer le bon entretien de la forêt sans devoir couper et vendre du bois pour compenser le manque d’argent.

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LES FRANÇAIS PLÉBISCITENT LE RÉEMPLOI

Une étude publiée par l’ADEME témoigne de la dynamique économique du secteur du réemploi et du recyclage des objets de consommation, des services que 98 % des Français déclarent utiliser. La réussite de Recommerce Solutions, entreprises française spécialiste de la reprise de produits électroniques (en particulier de téléphones mobiles), en témoigne : en quatre ans, ils sont devenus numéro 1 de leur secteur et ont pour clients les grands opérateurs de téléphonie mobile. Quand les clients rapportent un téléphone ou un ordinateur, ils bénéficient soit d’un bon d’achat, soit d’une compensation financière. Recommerce Solutions reconditionne ensuite les appareils sur un plan technique et leur redonne ainsi une valeur financière commerciale. Les produits réemployés sont vendus en France mais aussi sur d’autres marchés, en Asie et en Afrique. Leur réussite leur a permis de recruter  une quarantaine de personnes et d’alimenter 70 emplois indirects. Le concept du recommerce est une véritable tendance de fond pouvant s’appliquer à énormément de produits : du coup le chiffre d’affaire de ce secteur est estimé à 1250 millions d’euros par an dont 250 millions d’euros générés par l’ Economie Sociale et Solidaire. Il a augmenté de 10 % en deux ans et les diverses études réalisées auprès des consommateurs mentionnent toutes ces changements de tendance…

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RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE : DES COLLECTIVITÉS OPTENT POUR LE TIERS FINANCEMENT

En France, l’énergie coûte de plus en plus cher aux communes : 5 à 10% de leur budget. En Rhône Alpes, le secteur du bâtiment représente 40% de la consommation d’énergie primaire et près de 30% des gaz à effet de serre. Partant de ces deux constats, la Région a mis en place un outil innovant pour accélérer la rénovation thermique des bâtiments en créant la première Société publique locale (SPL) d’efficacité énergétique en France. Le principe est le suivant : un organisme tiers avance les frais, l’expertise, le diagnostique et réalise les travaux. Une fois l’opération terminée, les économies d’énergies permettent au « client » bénéficiaire des travaux de rembourser l’ensemble de l’investissement au tiers. Cette SPL d’efficacité énergétique va permettre aux communes, même les plus petites, de trouver des financements sans incidence sur leurs autres activités ou projets. Elle mise sur la division par 4 voire par 6 des consommations des bâtiments publics. Dans ce montage financier, les collectivités sont actionnaires, elles doivent apporter des fonds propres, ce qui permet ensuite à la SPL, grâce à la mutualisation de toutes les actions, d’obtenir des prêts plus intéressants. Toutefois, une fois les travaux terminés, les communes « clientes » peuvent récupérer leur part. La région Ile-de-France a elle aussi mis en place récemment un organisme de tiers financement pour la rénovation thermique des bâtiments avec quelques différences : dans le cas francilien ce tiers est une société d’économie mixte, les actionnaires sont donc publics et privés et les cibles ne sont pas les mêmes : la SEM vise les copropriétés et les bailleurs sociaux. Ces deux structures ont tout de même comme points communs les temps de retour sur investissement (entre 15 et 20 ans), les budgets  (un peu plus de 5 millions d’euros), une réduction de la facture énergétique d’au moins 60% en atteignant les normes BBC rénovation, mais aussi le soutien à une activité qui représente plusieurs centaines de milliers d’emplois. Les premiers travaux sont très attendus dans les prochains mois et si les résultats sont satisfaisants, ces montages financiers pourraient bien se multiplier un peu partout en France.

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QUAND LA FRANCE RURALE REVENDIQUE L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

Voilà quinze ans que Le Mené, petit territoire breton, a entamé sa mue écologique pour devenir le symbole d’une transition écologique en voie d’achèvement. Pourtant, loin des grandes voies de communication, il était plutôt le symbole des zones rurales enclavées… Mais ses habitants ont décidé de valoriser ses richesses, le vent, la biomasse, le soleil et, surtout, une très forte envie de faire des choses ensemble, pour que le territoire vive, et qu’ils puissent y rester. 

Il y a donc d’abord eu l’usine de méthanisation, qui produit du biogaz à partir des déchets organiques, qui jusque là posaient des gros soucis environnementaux. L’idée a germé à la fin des années 1990 au sein d’une assemblée hétéroclite rassemblant agriculteurs, chasseurs, élus, pêcheurs et simples citoyens, qui voyaient aussi là l’occasion de maintenir le plus d’exploitations agricoles possible. Et qui se sont donc engagés à ne pas augmenter leur cheptel. Implantée sur un terrain acheté par la communauté de communes, l’usine de méthanisation produit chaque année de quoi couvrir les besoins des 3 000 habitations, hors chauffage. De plus, deux réseaux de chaleur alimentés par du bois déchiqueté local sont d’ores et déjà opérationnels, dont l’un dessert 55 locaux – bâtiments communaux, logements sociaux et particuliers – et chauffe plus de 4 000 m2.

Financés jusqu’à 60 % par des investissements publics, les divers projets lancés dans le Mené ont un temps de retour sur investissements moyen de huit ans quand les dépenses énergétiques entraînaient, chaque année, le départ de 9 millions d’euros du territoire : l’argent reste désormais sur le territoire et peut servir à d’autres investissements.

Les motivés du Mené sont néanmoins contraints par le poids des grosses industries, comme celle l’établissement financier de la filière des oléoprotéagineux lié à un syndicat agricole qui n’a aucun intérêt à ce que les agriculteurs organisent leur autonomie ; et soumis aux aléas nationaux des politiques énergétiques décidées en haut lieu, comme l’illustre la suspension de la construction d’un parc éolien participatif, du fait de l’annulation probable par le Conseil d’État, à la demande d’un collectif anti-éoliennes, de l’arrêté fixant le tarif de rachat de l’électricité éolienne. Ils ont par ailleurs quelques difficultés à obtenir le soutien des opérateurs d’électricité dans la mise en place de ce que l’on appelle « l’effacement des consommations électriques », ces coupures (volontaires et gérées par les habitants eux-mêmes) alternatives du chauffage dans les foyers pour de courtes durées qui permettent de limiter la consommation pendant les périodes de pointe.

Une politique énergétique qui tranche avec la France du nucléaire, où tout est agencé et décidé, pour tout le monde, par EDF. Créativité, autonomie, démocratie horizontale, sobriété… de quoi inspirer de nombreux autres territoires.

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DES « BULLES CARBONE » SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Agence Internationale de l’Energie, OCDE, ShareAction , chercheur d’HSBC, ils ont tous le même message : il est urgent de changer le modèle financier actuel. En valorisant 4600 milliards de dollars les réserves de pétrole, gaz et charbon mondiales, il créé en effet une « bulle carbone » qui transforme les entreprises extractives en poids lourds des indices boursiers… et encourage inexorablement un réchauffement climatique qui pourrait  atteindre au moins 5 degrés à horizon 2050.

Or les temps sont difficiles pour les lanceurs d’alerte climatique : le Parlement européen, pour protéger les activités industrielles européennes, vient de voter contre une proposition de la Commission, visant à diminuer  les quotas d’émissions de gaz à effet de serre pour faire remonter le prix du CO2. Cette décision selon l’AIE renforce la tendance observable depuis deux ans d’un sentiment d’abondance de ressources chez les professionnels de l’énergie, du à l’explosion de la production de gaz et de pétrole non conventionnel. Alors que, pour limiter la hausse des températures à deux degrés, il faut brûler moins d’un tiers des ressources fossiles existant dans le monde.

Pour le directeur du centre de recherche sur le climat d’HSBC, il est tout aussi indispensable que les marchés actions prennent la mesure du risque carbone auquel ils sont exposés. Il met ainsi en avant plusieurs scénarios selon lesquels, à partir de 2020, régulations et retournement de l’opinion publique conduisent à privilégier les énergies  renouvelables et l’efficacité énergétique. Dans ce cas de figure, deux tiers à quatre cinquième des réserves de pétrole et gaz perdraient leur valeur financière très rapidement, ce qui déstabiliserait les bourses mondiales. Une donnée que ne prennent pas du tout en compte actuellement les marchés financiers, comme le prouve le comportement de quatre principales compagnies extractives mondiales dont 30 % des ressources financières proviennent du charbon, et dont la valeur boursière pourrait donc baisser de 44 %. Selon lui, pour changer la donne il faudrait que les régulateurs imposent une évaluation du business model des entreprises extractives en fonction du volume de carbone maximum à émettre pour n epas dépasser deux dégrès. Présentations solides, scenarios énergétiques crédibles, modèles de calcul complexes, les arguments des chercheurs réunis à Paris sont théoriquement imparables. Parviendront-ils à ouvrir les yeux des acteurs financiers sur un risque climatique qu’ils négligent ?

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LES ÉNERGIES RENOUVELABLES, UN SECTEUR PROMETTEUR

L’association de grands industriels et des gouvernements suscite l’émergence d’un marché des énergies renouvelables plus que prometteur : selon les données de la 3ème édition du baromètre des emplois de la croissance verte et du développement durable, les commerciaux et spécialistes de l’efficacité énergétique sont de plus en plus demandés (972 offres de chefs de projet et 203 offres de postes commerciaux en fin 2012, contre 134 et 118 en mars de la même année). Pour l’auteur, ce sont le prix du pétrole et l’évolution de la réglementation qui jouent considérablement en faveur du développement de ces métiers de la maîtrise de l’énergie. Avec, pour exemple, le parc éolien, qui connaît une croissance mondiale annuelle moyenne de plus de 25 % et séduit de nombreux groupes industriels qui bénéficient de soutiens des gouvernements et de fonds publics. Ce chiffre remarquable est notamment dû au développement des éoliennes flottantes, nouveau moteur de croissance et sujet encore d’expérimentations concernant l’exploitation des gisements au-delà de 40 mètres de profondeur. En France, c’est le doublement des volumes cibles du photovoltaïque qui est prévu pour 2013. Les mesures pour cette année comprennent aussi le lancement d’un nouvel appel d’offres autour d’un objectif global de 400 MW répartis entre les technologies innovantes (photovoltaïque) et les technologies matures (ombrières de parking et de bâtiment). Des prévisions d’autant plus prometteuses qu’en Irlande, les revenus de l’État les plus conséquents (hors FMI) ont pour origine les énergies renouvelables et la taxation des énergies fossiles et des déchets…

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STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE : UN BILAN MITIGÉ

La Stratégie nationale de développement durable (SNDD) 2010-2013 s’organise en neuf « défis » : consommation et production durables, société de la connaissance, gouvernance, changement climatique et énergie, transport et mobilité durables, conservation et gestion de la biodiversité et des ressources naturelles, santé publique, prévention et gestion des risques, démographie, immigration et inclusion sociale, défis internationaux en matière de DD et de pauvreté dans le monde. Dans son rapport de bilan, le CGDD identifie comme principales avancées l’augmentation de 35% en 2011 du nombre de produits portant l’écolabel européen ou la marque « NF environnement », le recyclage à plus de 35% des déchets ménagers et assimilés, le fait que 60% des établissements d’enseignement agricole étaient engagés dans une démarche globale d’éducation au DD, et une diminution des émissions moyennes des véhicules particuliers du fait du dispositif de bonus-malus. A ces points positifs répondent deux reculs majeurs : la part du fret ferroviaire et fluvial dans les transports intérieurs de marchandises a diminué de 7,2 % de 2006 à 2011, atteignant 11,7% (12,6 % en 2006, et un objectif de 25% en 2012), avec pour conséquences une nouvelle augmentation du transport routier intérieur terrestre (+2,3% par rapport à 2010) ; et en agriculture les pratiques biologiques ne dépassent pas 3,6% de la surface agricole utile en 2011, et les quantités de produits phytopharmaceutiques et biocides sont en augmentation ( 70,6 millions de doses unité -NODU- en 2010 contre 68,8 millions en 2008) alors que l’objectif du Grenelle était de les ramener à 34,4 millions de doses unité à horizon 2018. Les efforts sont donc à prolonger pour 2014, lorsque la SNDD fera place à la Stratégie nationale pour la transition écologique.

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MODES DE VIE DU FUTUR : SOBRIÉTÉ ET COOPÉRATION PIVOTS DES SCÉNARIOS LES PLUS PROMETTEURS

Partant de l’incohérence à imaginer une ville durable à l’horizon 2050 sans que les modes de vie en soient profondément transformés, le CNRS, le ministère de l’Écologie et du Développement durable et l’Ademe ont mené un exercice prospectif, inédit en France, qui identifie les variables clés de l’évolution des modes de vie en France, et leurs impacts sur les émissions de CO2 : émergence de nouveaux comportements à travers l’habitat groupé, les régimes alimentaires, les nouvelles pratiques de mobilité, la simplicité volontaire, mais aussi, plus généralement, l’évolution des représentations sociales, des modes d’habiter, de consommer, de travailler, dont les effets sont significatifs sur les consommations d’énergie. Il en ressort cinq visions du futur :

- la continuation actuelle de la « société du consumérisme vert « , scénario tendanciel en regard des modes de vie en Europe. Le maître mot : l’adaptation, au stress, à la pénurie de fonds publics, au changement climatique… doublée de demandes multiformes de sécurité. Les modes de vie sont conformistes et hiérarchisés. Le travail reste une valeur pivot.

- la « société de l’individu augmenté » célèbre l’arrachement au temps et à l’espace. Le nucléaire voit sa part croître dans le système énergétique, les investissements dans la fusion nucléaire se poursuivent, peaux photovoltaïques, smart grids, biocarburants artificiels et agrocarburants se répandent. Une élite de cyborgs bénéficiant de la convergence de technologies NBIC (nano-bio-info-cognitif) coexiste avec des tissus péri-urbains paupérisés et bricolés. La dualisation sociale et environnementale bat son plein, l’extérieur étant dégradé par la crise climatique et écologique et marqué par la fin du tourisme.

- la « société duale de sobriété plurielle » voit les décroissants et créatifs culturels du XXème siècle ouvrir la voie. La sobriété est imposée par la précarité. Les valeurs cardinales sont la tolérance, le pluralisme, la diversité culturelle. C’est l’âge de faire et l’époque de l’exode urbain. 60% de la société du premier monde continue d’alimenter le système économique historique dans les métropoles, tandis que les 40% restant ont décroché, créant de nouvelles formes d’organisation sociale. La montée en puissance du système D amplifie les alternatives. Une centrale nucléaire sur deux n’est pas remplacée car la demande énergétique du second monde a fortement baissé.

- la « société de l’écocitoyenneté » voit la crise climatique induire des formes de pénurie en même temps qu’un système productif vertueux. La prise de conscience de l’impact des modes de vie sur l’environnement a entraîné des changements dans les choix individuels et collectifs : sobriété, agriculture de proximité, décentralisation énergétique, mobilité solidaire.

- la « société âge de la connaissance » se caractérise par le réinvestissement de l’espace public, le retour aux savoirs vivants, des voies nouvelles en agriculture, une descente énergétique, la régression de la consommation, la vigueur de l’autoproduction et une économie plurielle partagée entre travail salarié et bénévolat. Les « grands créatifs » sont les héros de la société.

En conclusion, on note que les technologies seules et la modification des mix énergétiques ne permettent pas d’atteindre le Facteur 4. C’est par l’association d’actions de sobriété, de réduction des besoins et d’une modification des mix et des sources d’énergie que les résultats de modélisation parviennent à atteindre des niveaux de réduction de GES compatibles avec le Facteur4. Les sociétés des trois derniers scénarios sont les plus prometteuses en la matière.

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