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LE SUCCÈS DE LA FAUSSE MONNAIE ANTICORRUPTION

Qui a dit que le meilleur moyen de combattre la corruption était d’arrêter de donner de l’argent ?  En effet, une monnaie dénuée de valeur n’est pas nécessairement inutile, comme le prouve l’Inde qui a inventé un drôle de stratagème : le « zéro roupie », permettant de continuer à corrompre mais par le biais d’une fausse monnaie, pour désamorcer le processus de corruption en place.  Et l’idée fait des petits partout dans le monde : elle plaît à des militants en Argentine, au Népal, au Mexique et au Bénin, à Malaisie qui est déjà en train d’élaborer un projet similaire, au Yémen, où ce genre de monnaie sera lancé dès 2014. Malgré le risque de représailles que cette campagne est en mesure de générer dans les pays où la corruption se fait sous la menace d’une arme, cette stratégie n’en resterait pas moins efficace pour changer les mentalités …

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VERS UNE REDÉFINITION DES LIENS ENTRE BANQUE ET MAFIA AU JAPON ?

A l’automne, la moitié du Japon se passionnait pour le feuilleton TV « Hanzawa Naoki », une histoire de scandale dans une grande banque. Alors qu’approche l’hiver, les grands établissements bancaires du pays sont sous le coup d’enquêtes administratives pour cas avérés et soupçons de prêts à la mafia nippone… Tout débuta en septembre, quand le gendarme des finances somma la mégabanque japonaise Mizuho de cesser de consentir des crédits à des « forces antisociales », un euphémisme qui désigne les yakuzas, au motif qu’aucune disposition efficace n’a été prise pour mettre fin aux transactions avec les forces antisociales, plus de deux ans après qu’ait été appris et prouvé l’octroi de quelque 230 prêts pour un total de 200 millions de yens (1,5 million d’euros) à plusieurs d’entre elles. Les faits reconnus, ça a été au tour de la banque Shinsei, qui, elle a choisi de confesser qu’elle avait encore quelques créances en cours avec les yakuzas, un nombre assez petit pour qu’on ne lui en tienne guère rigueur. Idem quelques jours plus tard pour une entité de crédit du géant Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), et enfin un peu plus tard pour Sumitomo Mitsui. Si les liens des banques avec la pègre sont anciens, et rentables pour les banques, la répression, elle, n’a pas plus de deux décennies. Mais elle s’entête tout de même, cherchant par exemple à savoir si la banque est solidement engagée à rompre complètement les liens avec les syndicats du crime via une réforme du fonctionnement de ses activités commerciales… et amenant par là à ne plus penser si évidents ces types de liens.

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PLUS QUE LA CRISE, UN CHANGEMENT DE CIVILISATION

Après la vision d’un monde fonctionnant comme une mécanique (Descartes, Newton), puis comme un système énergétique en mouvement (Sadi Carnot, Darwin, Marx), puis comme la mise en lien d’informations (ordinateurs et mouvements de capitaux autonomes), voici venu selon l’auteur le temps d’une nouvelle mutation, différent d’une simple crise. L’évolution est faite de ruptures et de normalité. La crise dans la normalité, c’est lorsque dans le système établi apparaissent des dysfonctionnements qui nous éloignent de la norme. C’est la crise au sens propre du terme, conjoncturelle. Le problème est alors de revenir à la norme. Si le sous-emploi est conjoncturel, on va essayer de rétablir le plein-emploi dans les normes traditionnelles, avec les moyens traditionnels. Les crises de mutation, c’est passer d’un système à un autre : ce n’est pas une crise économique, mais une crise du système néolibéral, c’est la logique même du système qui a provoqué la crise. Et dans ce cas pour réussir la mutation, il ne faut pas chausser les lunettes de la crise du court terme. Il propose donc de changer de lunettes et parle de bio-économie, en partant du constat que si on détruit la biosphère, cela ne sert à rien de disserter sur le Plan et l’avenir de l’humanité : il n’y aura pas d’avenir, pas d’économie. L’économie étant faite pour optimiser (tirer le maximum de résultats, de choses positives, de satisfaction, à partir des moyens limités dont nous disposons), elle retrouve pleinement son rôle. Pour lui le dépérissement du système sera long, car trop d’intérêts sont en jeu, notamment pour le système financier qui est aujourd’hui le grand gagnant. La faillite d’un paradigme n’implique pas qu’il disparaisse immédiatement, mais il y a besoin d’une théorie concurrente qui soit prête à prendre la place.

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VIVRE SEUL

A toutes les époques et dans toutes les cultures, c’est la famille, et non l’individu, qui forme le socle de la vie sociale et économique. Au cours de ces cinquante dernières années, notre espèce s’est engagée dans une expérience sociale inédite : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un nombre élevé d’individus de tous âges et de toutes conditions ont décidé de vivre en solitaire, en « singleton ». Qu’elles résultent d’un divorce, d’un décès ou du refus de se marier, les périodes de vie en solitaire durent des années, voire des décennies. Les cycles de vie sont ainsi marqués par des arrangements dans lesquels la structure familiale n’occupe plus qu’une place temporaire ou conditionnelle. Pourtant la vie en solitaire constitue l’un des sujets les moins discutés et donc les moins compris de notre temps, alors que la propagation de ce mode de vie oriente la conception de l’espace urbain (logements, transports, etc.) et le développement de l’économie des services à la personne (maintien à domicile, garde d’enfants, livraison de nourriture, etc.)… Et le phénomène ne se limite pas aux anciennes puissances industrielles, puisque c’est en Chine, en Inde et au Brésil qu’il progresse le plus vite : le nombre de singletons aurait augmenté de 33 % en dix ans dans le monde. Cette tendance, liée au développement économique et à la sécurité matérielle qui en découle pour une partie de la population, repose sur la croyance dominante que la recherche du succès et du bonheur passe moins par les liens tissés avec autrui que par la capacité à sortir du lot et à saisir les meilleures occasions (vivre seul donne le temps et l’espace pour jouir de la compagnie des autres). Cette évolution se traduit aussi par un attachement de plus en plus faible aux lieux de vie et au travail, caractérisé par une instabilité permanente des postes, des salaires et du lendemain. Et si vieillir seul n’est pas facile (gérer sa retraite, soigner ses maladies, accepter ses déficiences, voir ses proches mourir les uns après les autres), depuis quelques décennies, les personnes âgées préfèrent tout de même généralement vivre seules sous leur propre toit plutôt que de s’installer dans leur famille, chez des amis ou en maison de retraite. La vie en solitaire permet à chacun de faire ce qu’il veut, quand il le veut, à sa manière. A l’âge des médias numériques et des réseaux sociaux, devenus si envahissants, le statut de singleton apporte un bénéfice plus considérable encore : du temps et de l’espace pour une solitude réparatrice. Vivre seul et souffrir de solitude sont deux états bien différents : peu importe si les gens vivent seuls, ce qui compte, c’est qu’ils ne se sentent pas isolés.

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UNE NOUVELLE VISION DU CENTRE COMMERCIAL

Les nouveaux centres commerciaux, au contraire de leurs ancêtres, se veulent des « lieux de vie », écologiques et accueillants. L’Atoll, près d’Angers, est l’un des plus grands d’Europe. L’anneau de 1 600 mètres de circonférence en résille d’aluminium perforé a des airs de stade olympique. La carapace — dépourvue de noms d’enseignes pour ne pas polluer l’ambiance visuelle — dissimule réserves, camions et poubelles. Ses concepteurs y voient le nec plus ultra du commerce d’entrée de ville, lequel avait, à en croire les services de communication du centre, grand besoin d’être « révolutionné » par l’ajout de quelque six cents arbres. Une petite musique pop s’échappe en outre de haut-parleurs disposés le long de ce qu’il faut bien appeler un « parcours ». Les innovations de l’Atoll ne laissent pas le badaud indifférent : salle de sport, navette électrique, jardin d’enfants, bancs « publics », petits parcs avec fontaine, poubelles stylisées … La Compagnie de Phalsbourg, l’un des trois mastodontes de l’immobilier commercial en France, n’a pas lésiné sur les moyens : plus de 150 millions d’euros de budget, dont 2 millions pour les espaces verts, et s’explique : « l’Atoll, c’est un lieu de vie, car, aujourd’hui, il est plus facile de rester dans son canapé en pantoufles et d’effectuer ses achats en ligne que d’aller faire ses courses dans un supermarché. Donc, pour que les gens sortent de chez eux, on doit leur offrir plus, on doit leur offrir du beau. » Les enfants peuvent jouer sur les grands modules au cœur de l’Atoll ou regarder un DVD sous l’œil des salariés de la Maison de l’Atoll, pendant que leurs parents font les courses, se rend chez le coiffeur, pratique la zumba au club de sport ou se restaure dans l’un des dix restaurants situés au centre de la zone, rassurée par la présence de cent une caméras de vidéosurveillance et par les patrouilles d’agents de sécurité sous-traitants. Pour ses concepteurs l’idée, c’est de dire que le peuple a droit au lustre, à l’or et au marbre, de quoi se considérer comme les Karl Marx de l’immobilier commercial…

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QUEL MODÈLE RÉPUBLICAIN DANS 10 ANS ?

La France, comparativement à certains de ses voisins européens, demeure pour le Centre d’Analyse stratégique qui publie une note sur ce sujet, un pays homogène sur le plan de l’accès aux ressources (services publics, prestations sociales), de la distribution des infrastructures et de la répartition des revenus. De plus, son modèle social est apprécié par la majorité de ses habitants. Néanmoins, les principes fondateurs de notre modèle républicain gagneraient selon lui à s’adapter aux évolutions qui ont transformé la société et les relations sociales, et changé notre rapport au politique et aux institutions. Alors qu’elles sont de moins en moins acceptées, les inégalités sociales et territoriales persistantes ainsi que les discriminations liées au sexe, à l’orientation sexuelle ou à l’origine alimentent un sentiment d’injustice et de cohésion sociale dégradée. Enfin, la participation à la vie publique ne se cantonne plus au vote et à l’adhésion à la démocratie représentative : d’autres formes d’engagement citoyen se font jour. Il convient donc d’accompagner ces changements afin de lutter contre la perte de confiance dans les institutions (gouvernement, pouvoirs locaux, école) et dans les acteurs privés comme l’entreprise. À terme, il s’agit de garantir l’adhésion de tous à un projet commun, en s’appuyant sur les savoir-faire et les mérites de chacun. Le modèle républicain, sans nul doute, porte en lui les ressources pour s’adapter à cette société plurielle dans ses composantes comme dans ses attentes, une adaptation qui devra aller de pair avec l’amélioration de notre modèle social …

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RESSOURCES NATURELLES : UNE QUESTION DE SURVIE ET D’IDENTITÉ

Frappés par de graves inégalités et discriminations, menacés par les extractions de l’industrie pétrolière et minière, ignorés du gouvernement, les peuples autochtones, métis et inuits du Canada sonnent la révolte sociale et écologique. Mené par des femmes, leur mouvement multiforme, Idle No More, s’étend des lointaines plaines glacées aux métropoles, en passant par les réseaux sociaux. Sa priorité est de lutter contre les lois anti-environnementales du gouvernement qui, sous la pression de l’industrie des oléoducs, a réduit comme peau de chagrin la protection des milliers de lacs et rivières du pays, limité les processus d’évaluation environnementale préalables à l’exploitation de ressources naturelles, et diminué la possibilité pour les Premières nations d’être consultées sur ces questions. Les réserves indiennes, souvent situées dans de vastes espaces naturels au nord du pays, sont particulièrement menacées par ces nouvelles règles du jeu, comme en Alberta, où sont exploités les sables bitumineux, où elles font venir de l’eau en bouteilles alors qu’elles vivent au bord des fleuves. Au menu des revendications : la révocation de la nouvelle loi qui laisse le champ libre à l’exploitation des ressources naturelles, l’adoption d’un système électoral à la proportionnelle au niveau fédéral, la mise en œuvre au niveau canadien de la déclaration onusienne des droits des peuples autochtones, une enquête nationale sur les meurtres et disparitions des femmes autochtones, mais aussi l’intégration de la dette environnementale qu’accumule le gouvernement et les compagnies pétrolières et minières auprès des Premières nations pour faire baisser la bonne note du Canada attribuée par des agences de notation sur les marchés financiers. C’est également une forme de thérapie collective, charriant une fierté identitaire qui relève de la survie. Les marcheurs du mouvement, dont certains étaient dépressifs et toxicomanes, comme de nombreux jeunes Autochtones, ont dit combien la marche, inspirée par les longs trajets à pied que leurs ancêtres accomplissaient pour commercer, avait eu un rôle thérapeutique et identitaire.

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AFRIQUE : LE GRAND RETOUR DES ENFANTS D’IMMIGRÉS

Adolescente, la journaliste britannique Afua Hirsch avait honte de ses origines africaines. En 2012, elle est partie s’installer dans le pays de sa mère. Ils sont nombreux dans la diaspora à accomplir cet exode à l’envers, attirés par les perspectives économiques du continent. L’enthousiasme avec lequel les personnes d’ascendance africaine partout dans le monde épousent leurs racines prend l’ampleur d’un renouveau culturel. Au Ghana, un flux continu de ressortissants européens et américains d’ascendance africaine débarquent à l’aéroport international de Kotoka, récupèrent leurs effets personnels arrivés par conteneurs au port de Tema et se mettent en quête d’un logement dans les quartiers résidentiels prisés d’Accra, et trouvent du travail au sein des multinationales et cabinets de services aux professionnels, lorsqu’ils ne créent pas leur propre entreprise. Ils fuient une zone euro en crise et un sentiment persistant d’inégalité et de discrimination dans les pays occidentaux, pour se diriger par exemple vers une des sept économies mondiales à plus forte croissance dans les cinq prochaines années (l’Ethiopie, le Mozambique, la Tanzanie, le Congo, le Ghana, la Zambie et le Nigeria). Cette croissance du PIB va de pair avec l’ascension d’une classe moyenne en pleine expansion : à l’horizon 2015, le nombre de ménages disposant de revenus supérieurs à 3 000 dollars par an devrait atteindre les 100 millions, ce qui placerait le continent à égalité avec l’Inde. Reste que tous ceux qui vivent au Ghana, riches et pauvres, vivent le même quotidien chaotique, entre embouteillages monstres, qualité douteuse de l’eau et coupures d’électricité à répétition. La pauvreté est une réalité ici, comme la faim et la maladie, et tout cela sans protection sociale. Loin de mettre en place des mesures porteuses de véritables changements sociaux, beaucoup de gouvernements africains se contentent d’administrer l’aide étrangère et de lancer de grands travaux d’infrastructures qui n’apportent pas grand-chose à la population… Une critique portée entre autres par ces “afropolitain”, « Africain du continent possédant une double nationalité, Africain né dans la diaspora ou Africain revendiquant ses racines africaines et européennes et sa culture métisse, se distinguant par leur perspective cosmopolite sur le monde, ainsi que leur identité culturelle métissée ».

Lire l’article sur ce renouveau, lire l’article sur le panafricanisme

FACE À LA CRISE, L’ESPAGNE REDÉCOUVRE L’AUTOGESTION

Avec la situation de crise financière et économique, la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé – et continuent à se succéder – laissant une traînée de chômeurs. Dans ce contexte, parler, et faire, de la résistance et de l’autogestion est devenu possible, alors qu’il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux mais aussi profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Depuis le début de la crise, près de 40 entreprises ont ainsi été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, un nombre freiné notamment par les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication. Plus que de la reprise d’entreprises, le recours croissant au coopérativisme vient de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples dans ce cas sont en effet pléthore : entre janvier et mars 2012, 223 nouvelles coopératives ont été créées dans l’Etat espagnol. Le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant…

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MODES DE VIE DU FUTUR : SOBRIÉTÉ ET COOPÉRATION PIVOTS DES SCÉNARIOS LES PLUS PROMETTEURS

Partant de l’incohérence à imaginer une ville durable à l’horizon 2050 sans que les modes de vie en soient profondément transformés, le CNRS, le ministère de l’Écologie et du Développement durable et l’Ademe ont mené un exercice prospectif, inédit en France, qui identifie les variables clés de l’évolution des modes de vie en France, et leurs impacts sur les émissions de CO2 : émergence de nouveaux comportements à travers l’habitat groupé, les régimes alimentaires, les nouvelles pratiques de mobilité, la simplicité volontaire, mais aussi, plus généralement, l’évolution des représentations sociales, des modes d’habiter, de consommer, de travailler, dont les effets sont significatifs sur les consommations d’énergie. Il en ressort cinq visions du futur :

- la continuation actuelle de la « société du consumérisme vert « , scénario tendanciel en regard des modes de vie en Europe. Le maître mot : l’adaptation, au stress, à la pénurie de fonds publics, au changement climatique… doublée de demandes multiformes de sécurité. Les modes de vie sont conformistes et hiérarchisés. Le travail reste une valeur pivot.

- la « société de l’individu augmenté » célèbre l’arrachement au temps et à l’espace. Le nucléaire voit sa part croître dans le système énergétique, les investissements dans la fusion nucléaire se poursuivent, peaux photovoltaïques, smart grids, biocarburants artificiels et agrocarburants se répandent. Une élite de cyborgs bénéficiant de la convergence de technologies NBIC (nano-bio-info-cognitif) coexiste avec des tissus péri-urbains paupérisés et bricolés. La dualisation sociale et environnementale bat son plein, l’extérieur étant dégradé par la crise climatique et écologique et marqué par la fin du tourisme.

- la « société duale de sobriété plurielle » voit les décroissants et créatifs culturels du XXème siècle ouvrir la voie. La sobriété est imposée par la précarité. Les valeurs cardinales sont la tolérance, le pluralisme, la diversité culturelle. C’est l’âge de faire et l’époque de l’exode urbain. 60% de la société du premier monde continue d’alimenter le système économique historique dans les métropoles, tandis que les 40% restant ont décroché, créant de nouvelles formes d’organisation sociale. La montée en puissance du système D amplifie les alternatives. Une centrale nucléaire sur deux n’est pas remplacée car la demande énergétique du second monde a fortement baissé.

- la « société de l’écocitoyenneté » voit la crise climatique induire des formes de pénurie en même temps qu’un système productif vertueux. La prise de conscience de l’impact des modes de vie sur l’environnement a entraîné des changements dans les choix individuels et collectifs : sobriété, agriculture de proximité, décentralisation énergétique, mobilité solidaire.

- la « société âge de la connaissance » se caractérise par le réinvestissement de l’espace public, le retour aux savoirs vivants, des voies nouvelles en agriculture, une descente énergétique, la régression de la consommation, la vigueur de l’autoproduction et une économie plurielle partagée entre travail salarié et bénévolat. Les « grands créatifs » sont les héros de la société.

En conclusion, on note que les technologies seules et la modification des mix énergétiques ne permettent pas d’atteindre le Facteur 4. C’est par l’association d’actions de sobriété, de réduction des besoins et d’une modification des mix et des sources d’énergie que les résultats de modélisation parviennent à atteindre des niveaux de réduction de GES compatibles avec le Facteur4. Les sociétés des trois derniers scénarios sont les plus prometteuses en la matière.

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