agriculture

LES ESPACES VERTS ET JARDINS BIENTÔT SANS PESTICIDES

Première utilisatrice de pesticides au niveau européen, troisième à l’échelle mondiale, la France détient un triste palmarès. Aujourd’hui, l’agriculture représente 90 % de l’utilisation des pesticides. Les 5 à 10 % restants sont utilisés par les collectivités territoriales qui épandent des herbicides sur leurs espaces verts et par les particuliers pour leurs jardins. Ces usages non agricoles des pesticides représentent environ 10 000 tonnes chaque année, avec des impacts sur l’eau loin d’être négligeables. Or un texte nouvellement adopté prévoit l’interdiction, en 2020, de l’utilisation des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles au public. Ce qui aujourd’hui paraît largement possible, puisque 10 % des 36 000 communes françaises approchent le zéro phyto, un chiffre montant même à 60 % pour les communes de plus de 50 000 habitants. La vente de pesticides « pour un usage non professionnel » – c’est à dire dans les jardineries et grandes surfaces – à destination des particuliers, sera également interdite à partir de 2022. Un pas a déjà été franchi dans les rayons des magasins Leclerc en Bretagne qui pourra peut-être faire tâche d’huile. De quoi présumer une dynamique plus importante que celle suite au Grenelle de l’environnement, dont le plan national Ecophyto (qui prévoyait de réduire de 50 % les pesticides entre 2008 et 2018) a été abandonné (on a assisté à une augmentation de 2,7 % entre 2008 et 2011).

Lire l’article

DE LA BRETAGNE AU LIMOUSIN, LES COMPAGNIES MINIÈRES DÉBARQUENT EN FRANCE

La dernière grande mine d’or, au nord de Carcassonne, a fermé en 2004. Dix ans plus tard, géologues et compagnies minières s’intéressent à nouveau au sous-sol hexagonal, et pas seulement pour les gaz ou huiles de schiste. Car la fièvre minière est de retour en France, dopée par la perspective de produire des métaux et de l’or « made in France ». Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a autorisé la société Variscan Mines à prospecter dans la Sarthe et la Mayenne sur 205 km². Cette société, financée par des capitaux australiens, néo-zélandais, et des fonds d’investissements basés à Singapour, prévoit d’investir 11 millions d’euros pour évaluer des gisements potentiels de métaux (cuivre, zinc, plomb) ainsi que les ressources en or ou en argent dans les Pays de la Loire. Dans la Creuse, une autre société, Cominor (filiale du groupe La Mancha Resources, basé au Canada et détenue par un milliardaire égyptien), sollicite elle-aussi un permis portant notamment sur la prospection d’or, de cuivre, d’argent, de zinc et d’étain. Avec l’envolée du prix des matières premières, liée à une pénurie annoncée, des gisements de métaux délaissés deviennent désormais rentables. Et cette montée des cours s’accompagne d’un contexte politique jugé favorable par les compagnies minières, avec une révision accommodante du code minier. Les promesses d’emploi liés à l’exploitation ( 150 emplois de mineurs et 500 emplois induits dans la Sarthe en 5 ans) ne convainquent pas tout le monde, ce embauches n’étant pas forcément locales et risquant de détruire les emplois préexistants dans les secteurs directement affectés par les impacts environnementaux, comme l’agriculture ou le tourisme. Des doutes s’élèvent aussi vis à vis des garanties écologiques, dans le souvenir des traces indélébiles laissées par l’activité et alors que des permis ont été accordés en pleines zones Natura 2000 (l’extraction de l’or par exemple nécessite des centaines de litres d’eau à la seconde et l’utilisation de produits chimiques toxiques qui provoquent l’apparition d’arsenic). A la différence du siècle dernier, si cette fièvre, qui concerne toute l’Europe, a des conséquences environnementales, les interlocuteurs seront lointains, voire inaccessibles.

Lire l’article

INDE : UNE RÉFORME DE L’ACQUISITION DES TERRES POURRAIT REBATTRE LES CARTES DU JEU INDUSTRIEL

Une proposition de loi au Parlement indien prévoit d’augmenter les prix des terrains acquis dans le cadre de projets industriels ou d’infrastructures et de mieux protéger leurs habitants. Outre la revalorisation des prix d’achat (multipliés par quatre en zone rurale et par deux en zone urbaine), la loi prévoit une toute nouvelle procédure d’acquisition. Désormais, pour toute vente de terres de plus de 50 hectares en zone urbaine et 100 hectares en zone rurale, une consultation publique sera organisée. Les projets devront recueillir l’assentiment de 80% des propriétaires terriens dans le cas d’initiatives privées, et de 70% pour des  partenariats public-privé. Les personnes expropriées ou déplacées devront aussi bénéficier d’une relocalisation et d’une aide à la réinsertion, supportées par les entreprises. Dernière obligation, les sociétés souhaitant acquérir des terres devront se plier à la rédaction d’une étude d’impact social et environnemental de leur projet, présentée à un panel d’experts pour validation. Autant d’étapes qui font rugir les acteurs économiques indiens, qui y voient une menace pour leurs nouveaux projets, et qui parallèlement ne procurent pas un enthousiasme délirant de la part des mouvements qui militent depuis plus de vingt ans pour une réforme de l’acquisition des terres datée de l’époque coloniale : pour eux, réunir ces 70 ou 80% de consensus ne sera pas une tâche difficile pour les grandes sociétés. Beaucoup d’entreprises indiennes utilisent leur mafia, leurs hommes de main, pour faire pression sur les habitants. Eux militent pour l’interdiction pure et simple des ventes de terres agricoles, afin d’éviter que des sociétés revendre des parcelles acquises de force auprès de paysans sur le marché noir. Mais même si pour le moment aucune sanction n’est prévue en cas de non-respect des clauses du texte, posant le problème de l’application effective de la législation, cette loi représente un espoir pour beaucoup.

Lire l’article

OGM : UNE CONTAMINATION QUI COÛTE CHER À L’ÉCONOMIE AMÉRICAINE

La contamination par un blé expérimental de Monsanto a eu lieu dans l’Oregon, un État qui exporte 90 % de son blé, alors qu’il n’existe aujourd’hui aucun blé OGM commercialisé dans le monde. Les conséquences de cette découverte fin mai ont été immédiates : le Japon et la Corée du Sud ont suspendu leurs importations, des gouvernements asiatiques et européens ont réclamé des tests pour surveiller la présence d’OGM, les cours du blé ont baissé. Depuis, plusieurs plaintes ont été déposées par des agriculteurs contre Monsanto, accusé d’être responsable de la contamination. Le montant des préjudices peut être très élevé : une étude publiée en 2005 estimait qu’une contamination du blé par des OGM pourrait coûter une centaine de millions de dollars à l’agriculture américaine. Mais, malgré les précédents, notamment sur le riz, les contaminations risquent de continuer, parce que le système réglementaire américain est incapable de prévenir la contamination de la chaîne alimentaire par des OGM. Une compagnie biotech peut en effet obtenir une autorisation en 30 jours de la part du ministère de l’agriculture pour un essai en plein champ, sans exigence particulière. Dans ce cas précis, Monsanto a conduit des essais en plein champ dans 16 États sur un millier d’hectares, entre 1998 et 2004. Si on détecte une contamination seulement aujourd’hui, soit dix ans après la fin des essais, c’est faute de contrôle. Cette contamination intervient alors qu’une partie des Américains réclame une meilleure information sur les produits génétiquement modifiés. Cette contamination du blé renforce donc la mobilisation pour un étiquetage des produits OGM, qui a pris beaucoup d’ampleur cette année : depuis l’échec de la Californie à légiférer sur un étiquetage obligatoire, 26 États ont engagé des actions similaires. Si l’application de cette loi reste conditionnée à son adoption par un minimum de cinq autres États, elle ouvre quand même la voie à une législation au niveau fédéral. Face à ce phénomène, certaines grandes compagnies agro-alimentaires commencent même à se dire prêtes à accepter un étiquetage a minima au niveau fédéral…

Lire l’article

DÉTROIT, LABORATOIRE DU MONDE D’APRÈS

La ville de Détroit, symbole du capitalisme et de l’industrie automobile, n’est plus que l’ombre d’elle-même. En cinq ans, ses habitants ont subi une brutale décroissance forcée : un taux de chômage exorbitant, un exode urbain sans précédent, des services publics délabrés (fermeture massive d’écoles (50 % dans le centre ville, fui par les Blancs et aisés), coupures d’électricité et d’eau, services de santé inaccessibles pour les plus démunis). Pourtant, derrière les scènes de désolation, une société post-industrielle est en train de naître, grâce à l’expansion d’une agriculture urbaine et à l’émergence de solidarités de quartier. En effet, de plus en plus de jeunes gens quittent les banlieues et regagnent le centre-ville pour s’y installer. Ils y achètent une maison à bas prix, s’équipent d’un vélo et réinvestissent progressivement Détroit. Et alors que la portion de la ville inoccupée est évaluée à 233 km² (sur une surface totale de 350 km²), la « Rust Belt » pourrait se transformer en « Green Belt » : aujourd’hui, plus de 1 300 jardins sont gérés par un programme, qui, contre 10 $ par an (7 euros) pour les jardins communautaires et 20 $ (15 euros) pour les jardins familiaux, assure distribution de graines, plants et formations. Développer un jardin est aussi vu comme un moyen de construire une solidarité de quartier, une communauté, et de la rendre résiliente aux événements extérieurs. Cette transformation du rapport à la nourriture générerait donc une véritable révolution culturelle au pays des Fast-Food, l’agriculture étant perçue comme un moyen de se nourrir, de créer des emplois plus sains pour tous et de redonner du sens à la vie collective. Un combat qui va de pair avec celui de la préservation de la pression urbaine des fermes alentours, seules à même de produire des cultures à faible valeur ajoutée, comme le blé ou le haricot noir. Les moteurs du mouvement pour la relocalisation de l’alimentation espèrent que ce dernier saura s’inspirer du modèle économique de l’industrie de la bière aux Etats-Unis, qui montrent des coopératives de bières artisanales locales gagnant des marchés de grandes firmes.

Lire l’article

LE SYSTÈME ALIMENTAIRE DE TORONTO PIONNIER DE LA DURABILITÉ

Depuis une vingtaine d’années, la ville de Toronto s’est associée à un conseil de citoyens pour réfléchir à un système alimentaire urbain durable. Ce conseil de citoyens, qui rassemble techniciens, chercheurs, associatifs, agriculteurs, industriels, a fait le constat d’un système agro-industriel pernicieux, à cause de sa dépendance énergétique d’abord (l’approvisionnement de la ville repose sur des aliments qui parcourent en moyenne 4500 kilomètres). A cause des problèmes sanitaires exponentiels ensuite : ce système produit trop de calories, mais des aliments trop pauvres en nutriments. Autre paradoxe, les agriculteurs de la ceinture verte autour de la ville, malgré des bonnes terres et un marché urbain gigantesque, vivent avec à peine 8 000 dollars canadiens par an. Chaque mois, le Toronto Food Policy Council se réunit donc pour inventer des solutions locales à ces nombreuses contradictions. Par exemple, il a développé des jardins communautaires dans des espaces publics, et la municipalité a ensuite pris le relais en inventoriant les espaces disponibles. La ville a également lancé une cartographie des déserts alimentaires, ces quartiers qui n’ont pas de commerces de détail suffisants et qui incarnent une double peine pour leurs habitants (des produits trop chers et trop éloignés), et propose pour y remédier des camions de primeurs mobiles. Une association s’est même spécialisée dans l’offre d’approvisionnement local et fait se rencontrer fournisseurs locaux et collectivités et entreprises. Dans un contexte budgétaire morose, cette implication d’organisations publiques et privées à tous les niveaux du système alimentaire s’avère d’autant plus efficace, et permet aussi de suivre les évolutions à l’œuvre dans la ville : des agriculteurs locaux peuvent ainsi réorienter leur production pour l’adapter au plus près de la demande, notamment des nouveaux arrivants (choux chinois, coriandre…). Cette réorganisation du système alimentaire présente un véritable enjeu pour l’économie locale, puisque des initiatives publiques et associatives supportent diverses entreprises artisanales qui produisent, distribuent et vendent de la nourriture pour récupérer une plus grande part des 7 milliards dépensés pour l’alimentation dans la ville chaque année. Si aujourd’hui, le système agro-alimentaire de Toronto reste dominé par les grandes compagnies, le ton est optimiste sur la progression de la souveraineté alimentaire de la ville grâce à ce réseau touffu d’organisations.

Lire l’article

 

VERS UN MODÈLE LATIFUNDIAIRE DE L’AGRICULTURE MÉDITERRANÉENNE ?

Dans la région de Manolada, en Grèce, des exploitants agricoles ont ouvert le feu sur les travailleurs migrants venus réclamer leur paie, après 6 mois sans paie. Trente d’entre eux ont été blessés. Ou comment, en 2013, des esclavagistes modernes sévissent en toute impunité en Europe. Cette fusillade vient violemment rappeler ce qui se joue dans cette région de Grèce. Plus de 2000 personnes, pour la plupart sans-papiers, travaillent dans les propriétés agricoles toute l’année, en dehors de toute légalité, corvéables à merci, sans protection sociale, invisibles aux yeux des autorités locales, vivant dans des conditions d’un autre siècle. Dans la région, ces exploitations agricoles sont de véritables zones de non droit. Toutes les autorités locales ou gouvernementales ferment les yeux. Et les quelques incursions de journalistes se sont terminées, elles aussi, à l’hôpital. Une véritable économie souterraine et mafieuse s’est installée. A la manœuvre, des patrons grecs qui ressemblent de plus en plus à des latifundiaires, escortés de « bravoi » ou de « pistoleroi » chargés de surveiller, souvent fusil au poing, cette masse de quasi-esclaves. En Grèce, d’autres régions ou secteurs économiques sont devenus totalement dépendants de ce dumping social poussé à l’extrême, au détriment d’une cohorte de pauvres hères : la plaine de Marathon et ses cultures maraîchères cultivées par les Pakistanais, les fermes marines et leurs employés indiens, la pêche et ses marins égyptiens… Cette fusillade se retrouve ainsi être la marque à la fois d’une politique migratoire incohérente, devenue une véritable bombe à retardement, et d’une certaine économie européenne, en expansion mais néanmoins bombe également…

Lire l’article

AVENIR DES CAMPAGNES : LE SÉNAT TIRE LA SONNETTE D’ALARME

La Délégation à la prospective du Sénat, à l’origine d’un rapport sur l’avenir des campagnes, dresse un scénario tendanciel catastrophique : appauvrissement, désertification accrue, baisse des infrastructures, fuite des entreprises, baisse du foncier agricole… La liste est longue des domaines où les campagnes sont en souffrance et pourraient l’être encore plus dans les années à venir. Pour lutter contre cette image jugée inacceptable et aller vers un scénario optimiste, les sénateurs mettent en avant la mutualisation, avec en premier lieu l’intercommunalité, et réaffirment le rôle pivot de la commune et le principe de sa participation à toutes les structures de dialogue territorial. Sur la présence des services publics, ils souhaitent que ne soit pas modifié l’accès à un service sans concertation préalable avec les usagers, et de veiller à la coordination de toutes les modifications en cours au niveau du département. La solution globale pour éviter l’asphyxie des campagnes reste pour eux de rééquilibrer les dotations en faveur des territoires ruraux, ce qu’ils présenteront à la ministre lors de la préparation du projet de loi sur l’égalité des territoires…

Lire la synthèse (6 pages), lire le rapport (140 pages et annexes)

 

STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE : UN BILAN MITIGÉ

La Stratégie nationale de développement durable (SNDD) 2010-2013 s’organise en neuf « défis » : consommation et production durables, société de la connaissance, gouvernance, changement climatique et énergie, transport et mobilité durables, conservation et gestion de la biodiversité et des ressources naturelles, santé publique, prévention et gestion des risques, démographie, immigration et inclusion sociale, défis internationaux en matière de DD et de pauvreté dans le monde. Dans son rapport de bilan, le CGDD identifie comme principales avancées l’augmentation de 35% en 2011 du nombre de produits portant l’écolabel européen ou la marque « NF environnement », le recyclage à plus de 35% des déchets ménagers et assimilés, le fait que 60% des établissements d’enseignement agricole étaient engagés dans une démarche globale d’éducation au DD, et une diminution des émissions moyennes des véhicules particuliers du fait du dispositif de bonus-malus. A ces points positifs répondent deux reculs majeurs : la part du fret ferroviaire et fluvial dans les transports intérieurs de marchandises a diminué de 7,2 % de 2006 à 2011, atteignant 11,7% (12,6 % en 2006, et un objectif de 25% en 2012), avec pour conséquences une nouvelle augmentation du transport routier intérieur terrestre (+2,3% par rapport à 2010) ; et en agriculture les pratiques biologiques ne dépassent pas 3,6% de la surface agricole utile en 2011, et les quantités de produits phytopharmaceutiques et biocides sont en augmentation ( 70,6 millions de doses unité -NODU- en 2010 contre 68,8 millions en 2008) alors que l’objectif du Grenelle était de les ramener à 34,4 millions de doses unité à horizon 2018. Les efforts sont donc à prolonger pour 2014, lorsque la SNDD fera place à la Stratégie nationale pour la transition écologique.

Lire l’article

QUAND L’AGROÉCOLOGIE ENRICHIT LES FEMMES DES QUARTIERS POPULAIRES

Dans une banlieue populaire au nord de Rio de Janeiro, une coopérative a bouleversé la vie des habitantes. Les terres appartiennent à une filiale d’une compagnie pétrolière publique brésilienne. L’un de ses pipelines longent le quartier populaire, à un mètre de profondeur. L’entreprise a accepté que ses terres soient cultivées : dans cette zone délaissée par les services de l’État, où se côtoient violence et narcotrafic, la compagnie attend des riverains qu’ils maintiennent les zones des oléoducs propres et empêchent toute construction d’habitations sauvages. À raison d’une parcelle en friche de 1 000 m2 par foyer, une vingtaine de lots ont ainsi été attribués à des familles volontaires. Rotation des cultures, diversité biologique, compost, économies d’eau, banque de semences, refus des engrais chimiques et des OGM sont autant de pratiques désormais partagées. En évitant la spécialisation et la monoculture intensive, les familles s’assurent une diversité de revenus, indépendants des variations du marché sur tel ou tel produit. La ventes de produits (70 % de la production) se fait collectivement, comme la réunion de planification qui permet d’ajuster la production à la demande (des contrats ont été passés avec des marchés locaux mais aussi avec la municipalité pour les cantines scolaires). Avec l’argent gagné, certaines ont pu construire leur maison, d’autres peuvent épargner pour les études des enfants. La grande fierté de la coopérative, c’est d’avoir contribué à l’amélioration de la vie du quartier : la municipalité a goudronné les routes, crée un réseau d’assainissement et a édifié une crèche pour les enfants, et les habitants ont une image complètement différente de leur quartier. Le regard des femmes sur leur propre vie a aussi changé, puisque, après avoir reconquis leur autonomie, chacune d’elles affiche une grande détermination et une estime retrouvée. La question de la relève reste tout de même posée, les jeunes ayant la capacité et l’envie de travailler la terre en zone urbaine n’étant pas faciles à trouver…

Lire l’article